Texaco / Patrick Chamoiseau
«Une vieille femme câpresse, très grande, très maigre, avec un visage grave, solennel, et des yeux immobiles. Je n’avais jamais perçu autant d’autorité profonde irradier de quelqu’un … Elle mélangeait le créole et le français, le mot vulgaire, le mot précieux, le mot oublié, le mot nouveau…» Et c’est ainsi que Marie-Sophie Laborieux raconte à l’auteur plus de cent cinquante ans d’histoire, d’épopée de la Martinique, depuis les sombres plantations esclavagistes jusqu’au drame contemporain de la conquête des villes.
Patrick Chamoiseau a sans doute écrit, avec Texaco, le grand livre de l’espérance et de l’amertume du peuple antillais, depuis l’horreur des chaînes jusqu’au mensonge de la politique de développement moderne. Il brosse les scènes de la vie quotidienne, les moments historiques, les fables créoles, les poèmes incantatoires, les rêves, les récits satiriques. Monde en ébullition où la souffrance et la joie semblent naître au même instant.
Prix Goncourt 1992
Crédit Texte : Babelio
Ecrire en pays dominé / Patrick Chamoiseau
« Comment écrire alors que ton imaginaire s’abreuve, du matin jusqu’aux rêves, à des images, des pensées, des valeurs qui ne sont pas les tiennes ? Comment écrire quand ce que tu es végète en dehors des élans qui déterminent ta vie ? Comment écrire, dominé ? L’unique hurlement est en toi. Un cri fixe qui te pourfend chaque jour : il s’oppose à ces radios, à ces télévisions, à ces emprises publicitaires, à ces prétendues informations, à ce monologue d’images occidentales fascinantes; il refuse cette aliénation active au Développement dans laquelle les tiens ne sentent même plus que leur génie intime est congédié. Un cri roide de chaque jour. Un silencieux tocsin. »
Crédit Texte : Babelio
Le conteur, la nuit et le panier / Patrick Chamoiseau
XVIIe siècle. Aux Antilles. C’est la nuit sur une plantation où se déroule une veillée mortuaire. Un vieux-nègre esclave entre dans le cercle des flambeaux. Dès ses premiers mots, il se métamorphose en » maître-de-la-Parole « . Comment ce vieil homme a-t-il pu s’ériger en père fondateur de la littérature des Amériques ? Quels sont les secrets de cet improbable résistant à l’esclavage et à la colonisation ? D’où lui vient cette assignation à ne conter que la nuit, sous peine d’être transformé en panier ? Et pourquoi un panier ?
Partant de l’extraordinaire émergence du conteur créole, Patrick Chamoiseau interroge son propre travail d’écrivain, sa mémoire intime et les mystères de la création. Quels sont les grands enjeux de la littérature contemporaine ? En quoi rejoignent-ils ceux de ce vieux maître-de-la-Parole ? …
» Chaque création est une avancée de la réflexion, de la connaissance, du rapport désirant avec cet horizon sans horizon qu’est la Beauté. »
Crédit texte : Babelio
L’esclave vieil homme et le molosse / Patrick Chamoiseau
«Du temps de l’esclavage dans les isles-à-sucre, il y eut un vieux-nègre sans histoires ni gros-saut, ni manières à spectacle. Il était amateur de silence, goûteur de solitude. C’était un minéral de patiences immobiles. Un inépuisable bambou. On le disait rugueux telle une terre du Sud ou comme l’écorce d’un arbre qui a passé mille ans. Pourtant, la Parole laisse entendre qu’il s’enflamma soudain d’un bel boucan de vie.
Ainsi m’est parvenue l’histoire de cet esclave vieil homme, de son Maître-béké et du molosse qu’on lança à ses trousses. Une histoire à grands sillons d’histoires variantes, en chants de langue créole, en jeux de langue française et de parlures rêvées. Seules de proliférantes mémoires pourraient en suivre les emmêlements. Ici, soucieux de ma parole, je ne saurais aller qu’en un rythme léger flottant sur leurs musiques…».
Patrick Chamoiseau.
Crédit texte : Gallimard
Ady, soleil noir – Le bel amour de Man Ray / Gisèle Pineau
Partons en compagnie d’Ady, cette charmante et jeune antillaise qui était la muse, l’amante, la compagne de Man Ray car entre eux, ce fut le début d’une grande et tendre histoire d’amour, jusqu’à ce que l’occupation en décide autrement.
Avant cela, « Ady » (Adrienne Fidelin) qui vit à la Guadeloupe a connu un cyclone en 1928. La maison de ses parents est détruite. Elle a des frères et des sœurs. Elle devient orpheline ; elle va partir et s’embarquer avec sa sœur aînée, sur un paquebot à destination de la France et arriver à Paris. Elle nous plonge dans le Paris de Joséphine Baker où on danse la Biguine, dans ce « Paris est une fête » comme l’écrira plus tard Ernest Hemingway.
Man Ray est américain, photographe et il est juif. Ady est noire, danseuse, antillaise. Elle veut devenir mannequin. Elle a vingt ans et lui en a le double. Man Ray l’appelle « Mon petit soleil noir », « sa doudou, sa fleur tropicale« . C’est ainsi qu’il la nommait. Ils sont épris de liberté. Et, c’est au Bal Blomet qu’elle rencontrera Man Ray et ils s’aimeront follement !
Crédit texte : Librairie Doucet Le Mans, M. Christine
Femmes des Antilles, traces et voix – 150 ans après l’abolition de l’esclavage / Gisèle Pineau
Pendant des jours, la chaîne d’esclaves entravés par une longue fourche de bois progresse en aveugle sur les sables brûlants, dans les défilés rocailleux, entre les racines des sous-bois.
Un calvaire de plusieurs semaines, ponctué par les injonctions du marchand, le harcèlement de ses cris et ses coups de chicotte sur les bustes nus. Parfois, la violence du fouet marque sa balafre sur les scarifications et les tatouages des femmes. Les bras ligotés par une corde, elles suivent la lente procession à travers les accidents de la piste. Ici-là, en ce temps où la mémoire s’éveille et se retourne sur le passé, ces femmes sortent de l’ombre et marchent dans les traces ouvertes de la grande Histoire. Elles mêlent leurs pas à ceux des femmes qui n’ont cessé de fouler les petites terres des Caraïbes. Et leurs voix s’élèvent de l’abîme, croisent et rencontrent enfin celles des Antillaises d’aujourd’hui. Elles racontent hier et nouent au grand jour les fils qui les lient à ces femmes du présent. Elles n’ont plus peur et disent à leurs arrière-petites-filles qu’il est temps de rompre les silences, temps de renverser les mémoires.
Crédit texte : Librairie Richer
Fleur de barbarie / Gisèle Pineau
En 1984, Josette a neuf ans lorsqu’elle débarque en Guadeloupe. Elle découvre Théodora, sa grand-mère, et sa case peuplée de fantômes et d’esprits retors. Au pays natal, à la fois brutal et enchanteur, les fleurs qui s’épanouissent exhalent les secrets d’un passé fané et tourmenté. À la recherche de ses racines, ballottée et écartelée entre les mondes barbares, Josette va sur les traces de sa mère et prend parfois des airs de Joséphine Baker…
Crédit texte : Mercure de France
Folie, aller simple. Journée ordinaire d’une infirmière / Gisèle Pineau
Infirmière dans un service de psychiatrie depuis l’âge de vingt ans, Gisèle Pineau raconte, avec sobriété et intensité, ce métier « extraordinaire… puisqu’on se tient à l’extérieur, en bordure de la norme, du normal, de la normalité ». Elle revient sur son propre itinéraire : son arrivée en métropole, la faculté de Lettres et les petits boulots, les après-midis avec la vieille Lila aux souvenirs contrastés. Et surtout, elle fait partager son quotidien à l’hôpital, cet apprentissage permanent, et difficile, auprès des malades – ces « fous » que la société ne veut pas voir, isole, et aide de moins en moins.
Gisèle Pineau décrit l’ordinaire, les rituels, les délires des uns et des autres, les trop nombreux suicides qu’on ne sait pas empêcher, les dépressions profondes, la paranoïa sans limite, le manque de places dans les services, les crispations autour du 4 heures, les insultes parfois suivies de coups… Mais aussi – cela arrive –, les moments de répits lumineux, quand le dialogue et le rire parviennent à s’immiscer.
Et toujours en arrière-plan, l’écriture, son formidable « délire à elle », l’infirmière-écrivain, vie parallèle inépuisable qui lui permet de trouver son équilibre.
Ce livre profondément humain est un parcours d’humilité car, comme le répète un vieil infirmier à Gisèle Pineau : « Quand on soigne les fous, c’est nous-mêmes qu’on soigne, qu’on aide, qu’on réconforte. Tous ces grands malades sont des reflets de nous-mêmes dans le miroir. »
Crédit texte : Philippe Rey
L’espérance macadam / Gisèle Pineau
Tout ça, c’était Savane… Et là, y avait des cases où roulaient des existences en chien qu’on serrait sous la tôle et la planche. Des bougresses qui comptaient plus leur marmaille. Sitôt laissée l’école, elles devenaient femelles, savantes en vices. Robes relevées, assurées que boudas et tétés allaient les délivrer de la misère, elles riaient. Mais au bout d’un petit moment, égarées, tournées-virées par le roulis de la vie, elles étaient brisées sans le savoir. Et la ronde des ventres-calebasses commençait. Quand elles cherchaient la paix, qu’elles voulaient plus voir le portrait d’un homme, y avait déjà quatre-cinq enfants dans leurs pieds. Ventres et cartables vides. Patience des misérables et mâchoires contractées au guichet des Allocations familiales.
Crédit texte : Babelio
Mes quatre femmes / Gisèle Pineau
Qui parle en vous ? Qui vous raconte les histoires qu’à votre tour vous transmettrez ? Pour répondre à ces interrogations, Gisèle Pineau a choisi de remonter le cours des vies de quatre femmes. Celles qui l’ont construite. Angélique, l’ancêtre esclave, qui connut les temps perturbés de l’abolition puis du rétablissement de l’esclavage, gagna sa liberté et finit par épouser le Sieur Pineau. Julia, la grand-mère, profondément attachée à son pays Guadeloupe, mais contrainte à l’exil pour fuir un mari trop violent. Gisèle, la grand-tante, qui se laissa mourir de chagrin à vingt-sept ans, après avoir perdu son jeune époux. Et puis Daisy, la mère, qui, au plus gris de l’exil et de ses malheurs, se tint toujours debout pour ses enfants et rêva sa vie dans les romans d’amour. Avec son livre le plus personnel – et peut-être le plus émouvant -, Gisèle Pineau fait revivre ses quatre femmes dans la « geôle noire » de la mémoire. Quatre femmes, quatre époques de l’histoire antillaise, quatre inoubliables destins.
Crédit texte : Babelio
Pour aller plus loin, lire aussi l’article consacré à la bibliographie de Gisèle Pineau (https://www.potomitan.info/atelier/pawol/pineau2.php)
«Quand la journée avait été sans incident ni malheur, le soir arrivait, souriant de tendresse.
D’aussi loin que je voyais venir m’man Tine, ma grand-mère, au fond du large chemin qui convoyait les nègres dans les champs de canne de la plantation et les ramenait, je me précipitais à sa rencontre, en imitant le vol du mansfenil, le galop des ânes, et avec des cris de joie, entraînant toute la bande de mes petits camarades qui attendaient comme moi le retour de leurs parents.
M’man Tine savait qu’étant venu au-devant d’elle, je m’étais bien conduit pendant son absence. Alors, du corsage de sa robe, elle retirait quelque friandise qu’elle me donnait : une mangue, une goyave, des icaques, un morceau d’igname, reste de son déjeuner, enveloppé dans une feuille verte; ou, encore mieux que tout cela, un morceau de pain… Derrière nous apparaissaient d’autres groupes de travailleurs, et ceux de mes camarades qui y reconnaissaient leurs parents se précipitaient à leur rencontre, en redoublant de criaillerie.»
Grand classique de la littérature antillaise, dans lequel Joseph ZOBEL, à travers le récit de sa propre enfance, nous décrit la Martinique des années 30, en peignant avec la mémoire du cœur et des blessures, la vaillance, la dureté et la tendresse des descendants d’esclaves acharnés à bâtir pour leurs enfants un pays plus libre et plus généreux.
Crédit texte et photo : Présence africaine
Le plus beau des combats / Boaz Yakin
En 1971, dans la petite ville d’Alexandria, en Virginie, la population noire se retrouve intégrée au sein du lycée T.C. Williams jusque-là réservé aux Blancs. Mais les oppositions sont violentes.
Dans une situation instable qui menace de dégénérer à tout moment, Herman Boone (Denzel Washington), un Noir, est nommé entraîneur principal de l’équipe des Titans. A ce poste, il devient le supérieur de Bill Yoast (Will Patton), un Blanc, un prédécesseur renommé.
Malgré tout ce qui les oppose, Boone et Yoast apprennent à travailler ensemble et découvrent qu’ils ont davantage en commun que le seul amour du football. Tous deux partagent intégrité, sens de l’honneur et une solide éthique de travail. Bien qu’ayant des origines radicalement différentes, ils parviennent à transformer un groupe de jeunes gens haineux, divisés et incapables de se concentrer en une équipe soudée, volontaire et dynamique. Au-delà des matches et des victoires, ce sont les préjugés et l’intolérance que les deux hommes combattent.
Crédit Texte et photo : Allociné
Mississipi burning / Alan Parker
1964. Trois militants d’un comité de défense des droits civiques disparaissent mystérieusement dans l’État du Mississippi. Deux agents du FBI, Ward et Anderson, aux méthodes opposées mais complémentaires sont chargés de l’enquête. Très vite leurs investigations dérangent et des violences sur fond de racisme éclatent alors dans cette ville où le Ku Klux Klan attise les haines et la violence…
Crédit Texte et photo : Allociné
Zion/ Nelson Foix
En Guadeloupe, Chris partage son temps entre deals, aventures sans lendemain et rodéos en moto. Repéré par Odell, le caïd du quartier voisin, Chris se voit confier une livraison à risque. Malgré la mise en garde de son meilleur ami, il accepte la mission. Mais le jour de la livraison, il découvre qu’un bébé a été déposé devant sa porte. Commence alors pour lui, une course infernale qui le mènera à un choix crucial …
Crédit texte et photo : Allociné
La femme aux pieds nus / Scholastique Mukasonga
1994, le Rwanda voit se déchirer deux populations soeurs : les Tutsi et les Hutu. Stefania, Tutsi répétait à ses enfants « Quand je mourrai, surtout recouvrez mon corps avec mon pagne, personne ne doit voir le corps d’une mère ».
Le voeu de sa mère n’ayant pu se réaliser, l’autrice Scholastique Mukasonga fait revivre les traditions ancestrales de son pays grâce à l’écriture.
Ce livre est le portrait d’une femme fière de sa culture et de son héritage. Il a figuré dans la sélection de printemps du Renaudot 2008, a remporté le prix Seligmann 2008 « contre le racisme, l’injustice et l’intolérance ».
Outre les nombreux prix décernés à ses autres livres, l’auteure a été décorée chevalier des Arts et des lettres en 2013.
Les impatientes / Djaïli Amadou Amal
Trois femmes, trois histoires, trois destins liés.
Ce roman polyphonique retrace le destin de la jeune Ramla, arrachée à son amour pour être mariée à l’époux de Safira, tandis que Hindou, sa soeur, est contrainte d’épouser son cousin.
Patience ! C’est le seul et unique conseil qui leur est donné par leur entourage, puisqu’il est impensable d’aller contre la volonté d’Allah. Comme le dit le proverbe peul : « Au bout de la patience, il y a le ciel. » Mais le ciel peut devenir un enfer. Comment ces trois femmes impatientes parviendront-elles à se libérer ?
Mariage forcé, viol conjugal, consensus et polygamie : ce roman de Djaïli Amadou Amal brise les tabous en dénonçant la condition féminine au Sahel et nous livre un roman bouleversant sur la question universelle des violences faites aux femmes.
Crédit texte : Babélio
Le sable était brûlant / Roger Smith
Avec Le sable était brûlant, Roger Smith voulait écrire un thriller qui se nourrisse de tout ce qui le mettait en rage dans l’Afrique du Sud d’aujourd’hui: corruption généralisée du monde politique, assassinats de 1 500 enfants par an, mariages forcés des jeunes filles et viols des vierges, certains hommes y voyant le remède absolu contre le SIDA. Le tableau est lugubre, mais criant d’une vérité insoutenable.
Déjà traumatisé d’apprendre que son épouse était la maîtresse de Ben Barker, un entrepreneur corrompu qui vient d’être liquidé par des malfrats à la solde du pouvoir, Robert Dell se voit accusé d’avoir volontairement causé la mort de sa femme et de ses enfants lors de l’attentat déguisé en accident de voiture auquel il vient d’échapper. Comprenant qu’il s’agit d’un coup monté, il tente de se défendre, mais sent que c’est à sa vie même qu’en veulent le flic afrikaner Hans Theron et son collègue Zoulou Inja Mazibuko, qui viennent de l’arrêter.
Désespéré, il s’attend au pire lorsqu’il est brutalement kidnappé par l’être qu’il déteste le plus au monde, à savoir son propre père, un ancien mercenaire de la CIA qui a décidé de le sauver. Commence alors un voyage infernal dans une Afrique du Sud où, preuve même de l’arriération tribale qui y règne dans certains endroits, la jeune Sunday essaie d’échapper au mariage forcé auquel elle est destinée.
Crédit texte : Babélio
Le carnaval des travestis – Les travestis makoumè / Véronique Rochais
Un titre provocateur pour attirer, une problématique réelle pour convaincre. Cet ouvrage montre que l’héritage du colonialisme est porté par le Carnaval à travers un théâtre imaginaire qui accentue l’identité noire sous différents aspects culturels. Pour les auteurs, cette fonction de passage entre le réel du quotidien et le réel du Carnaval est loin d’être aussi évidente aujourd’hui. La logique de production touristique véhicule le risque de dénaturation du carnaval martiniquais. Surtout, elle entre en décalage avec les anciennes et les nouvelles générations qui depuis plusieurs années en viennent à rivaliser avec les nouveaux technocrates. Les touristiciens. Le risque, que soulignent les auteurs, est que notre carnaval, qui est désormais une caisse de résonance de tensions qui ne se disent pas au quotidien, ne devienne, à terme, une fête étrangère aux jeunes exclus du développement.
Crédit : Bondamanjak
Jacaranda / Gaël Faye
Quels secrets cache l’ombre du jacaranda, l’arbre fétiche de Stella ?
Il faudra à son ami Milan des années pour le découvrir. Des années pour percer les silences du Rwanda, dévasté après le génocide des Tutsi. En rendant leur parole aux disparus, les jeunes gens échapperont à la solitude. Et trouveront la paix près des rivages magnifiques du lac Kivu. Sur quatre générations, avec sa douceur unique, Gaël Faye nous raconte l’histoire terrible d’un pays qui s’essaie malgré tout au dialogue et au pardon. Comme un arbre se dresse entre ténèbres et lumière, Jacaranda célèbre l’humanité, paradoxale, aimante, vivante.
Jacaranda a obtenu le prix Renaudot en 2024.
Crédit : Babelio
La fin de Mame Baby / Gaël Octavia
Destin croisé de quatre héroïnes dans le Quartier, vaste esplanade où ont poussé des immeubles dans lesquels s’entassent ceux qui ne peuvent ou ne veulent pas partir.
Mariette, malheureuse en amour, Aline infirmière dévouée et mystérieuse, Suzanne la petite Blanche, amante éplorée et Mame Baby idolâtrée dans le Quartier parfaite, raisonnable, surdouée, géniale en tout. Mais qui la connaît vraiment ? Sa mort est auréolée de tant de mystère.
Quatre voix de femme qui tissent des liens d’amitiés, d’amour mais aussi de haine racontées avec finesse, grâce et passion.
Depuis sa sortie en 2017, ce roman a obtenu de nombreux prix littéraires notamment la mention spéciale du jury (prix Wepler).
La Bonne Histoire de Madeleine Démétrius / Gaël Octavia
Un noyau de cinq amies d’adolescence en Martinique que la narratrice nomme « le tout indivisible ». L’histoire de chacune d’elles, mais aussi celle des parents respectifs et, plus tard, des conjoints et des enfants nés de ces cinq amies de lycée puisque le roman est écrit par l’une d’elles quelque vingt ans après. Et ce n’est pas tout ! A ces cinq amies se rajoute une autre jeune fille qui était en quelque sorte une amie exclusive de Madeleine – une amie cachée aux quatre autres et dont seule la narratrice connaîtra l’existence bien plus tard (déjà donc une zone d’ombre dans la vie qu’on croyait connaître de l’autre).
Crédit : La cause littéraire
L’auteur de ce roman a été finaliste du Prix Jésus Paradis en 2017.
Deux graines de cacao / Évelyne Brisou-Pellen
Bretagne, 1819. À l’âge de douze ans, Julien découvre qu’il a été adopté. Bouleversé par cette révélation, il s’enfuit vers Haïti. Son but : partir à la recherche de son histoire.
Mais le Prince Sauvage à bord duquel il est monté n’est pas le simple navire marchand qu’il imagine. De nombreux esclaves noirs font eux aussi partie du voyage, tous destinés à être vendus.
Crédit : La cause littéraire
La danse de l’eau / Ta-Nehisi Coates
« Une colère noire. Lettre à mon fils » de l’auteur afro-américain Ta-Nehisi Coates démontre que le racisme contre les Noirs est toujours présent aux Etats-Unis.
Son premier roman, « La Danse de l’eau », explore les thèmes de l’esclavage et des luttes pour la liberté. Hiram Walker est né esclave mais un pouvoir mystérieux lui permet de s’enfuir. Il passe du Sud esclavagiste aux grands espaces américains et aux mouvements idéalistes du Nord.
L’auteur redonne leur humanité à ceux qu’on a mis dans les chaînes, rendant hommage à ceux qui se sont battus pour conquérir leur liberté. Son roman reçoit un très bon accueil tant aux Etats-Unis qu’en France, où le Prix Transfuge 2021 du meilleur roman anglophone lui est décerné.
Ces deux livres sont dans la bibliothèque de CTOM.
Coulée d’or / Ernest Pépin
Figure de proue de la créolité, Ernest Pépin, né en 1950, est un romancier et poète guadeloupéen, lauréat de plusieurs prix littéraires, et sélectionné pour les prix Goncourt et Renaudot.
Son œuvre puise son inspiration dans son île natale. Son roman pour la jeunesse (et les adultes) « Coulée d’Or » n’y fait pas exception, puisque, porté par une langue savoureuse, l’auteur y conte une partie de son enfance au Lamentin.
Dans les années 1950, un jeune garçon décrit son enfance marquée par les sorties à la rivière, l’odeur du colombo, le goût des mangues cueillies en douce, sans oublier la venue du préfet… L’auteur fait revivre un enfant partagé entre les valeurs françaises de ses parents et les traditions de ses grands-parents.
Plusieurs de ses livres sont dans la bibliothèque CTOM.
L’étrangeté de Mathilde T. et autres nouvelles / Gaël Octavia
Seize nouvelles dans lesquelles des héroïnes, inquiétantes, passionnées, violentes ou plongées dans des situations incongrues, ont en partage la puissance de leur imaginaire : Adèle, une grand-mère empoisonneuse, Emilie, promenant son bien-aimé en fauteuil roulant, ou encore Mathilde T., figure pirandellienne inspiratrice d’un livre avec lequel elle voudrait se fondre.
Ce recueil a remporté le prix Goncourt de la nouvelle en 2025.
Crédit texte : Babélio
L’écrivaine martiniquaise est venue présenter ce recueil lors de la discussion littéraire du 8 novembre 2025 au local de CTOM.
La porte du voyage sans retour / David DIOP
« La porte du voyage sans retour » est le surnom donné à l’île de Gorée, d’où sont partis des millions d’Africains au temps de la traite des Noirs. C’est dans ce qui est en 1750 une concession française qu’un jeune homme débarque, venu au Sénégal pour étudier la flore locale. Lorsqu’il a vent de l’histoire d’une jeune Africaine promise à l’esclavage et qui serait parvenue à s’évader, son voyage et son destin basculent dans la quête obstinée de cette femme perdue qui a laissé derrière elle mille pistes et autant de légendes.
S’inspirant de la figure de Michel Adanson, naturaliste français (1727-1806), David Diop signe un roman éblouissant, évocation puissante d’un royaume où la parole est reine, odyssée bouleversante de deux êtres qui ne cessent de se rejoindre, de s’aimer et de se perdre, transmission d’un héritage d’un père à sa fille, destinataire ultime des carnets qui relatent ce voyage caché.
Crédit : Babelio
Tikok, majo savann / Marie-Louise Danchet
Au centre-ville du Moule, autrefois, il y avait un quartier appelé « Savane Poyen ». Dans la savane, il y avait un coq dénommé Tikòk, qui se disait roi de la savane. Dès quatre heures lorsque le soleil commençait son ascension, il réveillait toutes les poules en babillant :
— Cot-cot-cot, levez-vous celles qui doivent pondre ! Allons, debout celles qui doivent couver ! Cooot !
Ainsi commence cette histoire illustrée, épicée sauce locale, produite, une fois n’est pas coutume sur ce type de format à destination d’adolescents et de jeunes adultes. Il s’agit de suivre les péripéties d’un coq prétentieux. Que va-t-il bien lui arriver ? Le texte revisite du vocabulaire créole truculent et le français n’est pas en reste. Ce livre est également comme une caricature d’une certaine jeunesse.
Crédit : Editions Neg mawon
365 pwoveb en kreyol Gwadloup : 365 proverbes + Traductions + Explications + 200 proverbes d’Afrique / Didyer Mannette
Découvrez la langue créole de Guadeloupe à travers cet ouvrage de Didyer Mannette qui n’est autre que le créateur des éditions Nèg Mawon. Lisez au moins 1 proverbe par jour et bientôt, ils n’auront plus de secrets pour vous. Ce recueil comporte aussi des proverbes d’Afrique qui vous permettrons sûrement de faire le pont entre le continent africain avec l’île aux belles eaux.
Crédit : Editions Neg mawon
Jeux de cartes – Quizz / Conficulture
Les jeux de cartes Quizz Conficulture sont des jeux de société pour s’amuser en famille.
Bien plus que de simple jeux de cartes, les Quizz Conficulture permettent de tester vos connaissances sur les trois thèmes choisis par CTOM : Littérature AFRO, les auteurs et leurs oeuvres ; Guyane, la gastronomie ; Haïti.
A partir de 7 ans, tout le monde peut jouer ! Sur chaque carte sont mentionnés 3 indices, la réponse en bas et une illustration selon les jeux. Le but du jeu est de gagner le plus de cartes en répondant le plus rapidement et en utilisant le moins d’indices.
Belle occasion de jouer tout en apprenant !
Barraccon, l’histoire du dernier esclave américain / Zora Neale Hurston

En 1927, la jeune anthropologue Zora Neale Hurston part en Alabama rencontrer Cudjo Lewis. À quatre-vingt-six ans, Cudjo est l’ultime survivant du dernier convoi négrier qui a quitté les côtes du Dahomey pour l’Amérique. Pendant des mois, Zora Neale Hurston va recueillir sa parole, devenir son amie, partager ses souffrances. Le témoignage de Cudjo restitue comme nul autre la condition d’un esclave : de sa capture en 1859 à sa terrifiante traversée, de ses années d’esclavage jusqu’à la guerre de Sécession, puis son combat pour son émancipation.
Crédit du texte : Babelio
Paris noir / Alexandra Bernard et L. Chauvelot

Le catalogue présente l’exposition « Paris noir, Circulations artistiques et luttes anticoloniales, 1950 – 2000 » présentée au Centre Georges Pompidou du 19 mars – 30 juin 2025.
En 60 pages, on y découvre la présence des artistes noirs en France entre les années 1950 et 2000 et le Paris cosmopolite, lieu de résistance et de création.
L’exposition dévoile l’importance des artistes africains-américains, africains et caribéens dans l’histoire de l’art.
La marchande de riz au lait / Mireille Desroses-Bottius

Sur fond de récit se passant en Martinique, ces contes permettent à l’enfant de découvrir un univers créole, avec des histoires dans lesquelles le quotidien des habitants est très présent.
Crédit du texte : Electre
Maria Brandao, nos pas viennent de loin / Paula Anacaona

Maria Brandão naît à la fin du XIXe siècle dans la campagne de Bahia. Autant dire que, quelques années à peine après l’Abolition de l’esclavage, pas grand-chose n’a changé pour la population noire du Brésil, et l’impératif de la survie a remplacé les chaînes de jadis.
Femme noire et paysanne, le destin de Maria Brandão semblait tout tracé dans sa petite ville. Jusqu’à ce que la Colonne Prestes, un mouvement utopique révolutionnaire, s’arrête dans son village et sème les graines de la révolte sur une terre déjà fertile.
Le destin de Maria est à la fois exceptionnel et commun : cette héroïne du quotidien n’était pas seule. Dans cette histoire collective, sa voix fait aussi écho à celle d’une multitude de femmes qui ont, généreusement, fait bouger les lignes, créant des brèches dans le système pour rendre leur présent et notre futur plus dignes. Maria Brandão, femme oubliée de la mémoire officielle des mouvements féministe et communiste, est la preuve que nos pas viennent de loin.
Crédit du texte : Editions Anacaona
1492, Anacaona, l’insurgée des Caraïbes / Paula Anacaona

L’Europe et l’Amérique vivaient de part et d’autre de l’océan, chacun ignorant l’existence de l’autre, jusqu’à 1492, lorsque Cristobal Colón découvre les Antilles et décide de les coloniser.
Anacaona règne alors sur un des royaumes d’Haïti. Elle et son peuple taïno accueillent les Espagnols avec cordialité, amitié, respect. Mais les Espagnols mettent en place leur projet colonisateur : ils déstructurent la société taïno, détruisent ses lieux de culte, lui imposent un nouveau mode de vie… Délibérément, ils exterminent un peuple et sa culture.
On a déjà beaucoup parlé de cette conquête – mais par la voix des colons. Écoutons cette fois les hommes et les femmes colonisées : leurs tentatives d’adaptation, leur désespoir, leurs résistances. En racontant l’histoire d’Anacaona, c’est tout un peuple qui revient à la vie et entre dans les mémoires.
Crédit du texte : Editions Anacaona
Le Roi de la Maternelle / Derrick Barnes

C’est le premier jour d’école : notre héros est prêt ! Il s’habille tout seul, prend un bon petit-déjeuner et pénètre enfin dans le Royaume des Enfants.
Quelle journée ! Il a hâte de la raconter à ses parents.
Un album pour donner confiance aux enfants qui entrent en maternelle, avec des illustrations joyeuses et colorées.
Ecrit par l’auteur multiprimé Derrick Barnes et illustré par Vanessa Brantley-Newton.
Crédit du texte : Editions Anacaona
Une colère noire – Lettre à mon fils / Ta-Nehisi Coates

Voilà ce qu’il faut que tu saches : en Amérique, la destruction du corps noir est une tradition – un héritage. Je ne voudrais pas que tu te couches dans un rêve. Je voudrais que tu sois un citoyen de ce monde beau et terrible à la fois, un citoyen conscient. J’ai décidé de ne rien te cacher.
« Je me suis demandé qui remplirait le vide intellectuel après la mort de James Baldwin. Sans aucun doute, c’est Ta-Nehisi Coates…Une lecture indispensable. »
Toni Morrison, Prix Nobel de Littérature.
Noirs dans les camps nazis / Serge Bilé

On ne connaissait pas tout de la Seconde Guerre mondiale. Ce livre le prouve en dévoilant un aspect totalement méconnu de ce drame que n’ont jamais évoqué ni les historiens ni même ceux qui l’ont vécu : la déportation des Noirs dans les camps de concentration et les camps d’extermination de l’Allemagne hitlérienne. Africains, Antillais, Américains, eux aussi ont été pris dans la tourmente, arrêtés et déportés en raison le plus souvent de leur participation aux combats ou à des mouvements de résistance.
Des témoignages hallucinants, collectés en Europe, en Martinique, en Afrique et aux Etats-Unis, auprès des survivants ou de leurs compagnons d’infortune ! Des révélations également !
Autant de pages d’histoire inédites où l’on découvre, au fil des chapitres, les faits d’armes, au cours de la guerre, de ceux qui deviendront, par la suite, les grands leaders de la cause noire : Nelson Mandela, Martin Luther King, Léopold Sédar Senghor ou encore Aimé Césaire.
Sièges et sculptures chez les Noirs-Marrons des Guyanes / Paulin Bruné

Valorisation de la connaissance et de la pratique du Tembé, ensemble des activités créatives et artistiques des Bushinengés ou Noirs Marrons, descendants des esclaves noirs fugitifs de Guyane et du Surinam.
L’esclave vieil homme et le molosse / Patrick Chamoiseau

« Du temps de l’esclavage dans les isles-à-sucre, il y eut un vieux-nègre sans histoires ni gros-saut, ni manières à spectacle. Il était amateur de silence, goûteur de solitude. C’était un minéral de patiences immobiles. Un inépuisable bambou. On le disait rugueux telle une terre du Sud ou comme l’écorce d’un arbre qui a passé mille ans. Pourtant, la Parole laisse entendre qu’il s’enflamma soudain d’un bel boucan de vie. Ainsi m’est parvenue l’histoire de cet esclave vieil homme, de son Maître-béké et du molosse qu’on lança à ses trousses. Une histoire à grands sillons d’histoires variantes, en chants de langue créole, en jeux de langue française et de parlures rêvées. Seules de proliférantes mémoires pourraient en suivre les emmêlements. Ici, soucieux de ma parole, je ne saurais aller qu’en un rythme léger flottant sur leurs musiques… »
Patrick Chamoiseau.
Tora, le manicou végétarien / Yolande Brera

Au pays des manicous, je m’appelle Tora. Dans notre tribu, le grand chef, le redoutable Zouba, a décrété que ma mère avait commis une mésalliance en épousant mon père. Mon père ne pouvant pas subvenir tous les jours à nos besoins nous chassa de la maison dès notre plus jeune âge. Mes nombreux frères et sœurs furent livrés à eux-mêmes et se débrouillèrent comme ils purent. Mon but était d’évincer Zouba de la tête de notre communauté pour rétablir une société plus juste. Être manicou de nos jours n’est pas toujours facile. Nous sortons la nuit chercher notre repas, et nous promener. Nous sommes à la merci de tous nos prédateurs. Mais notre principal ennemi reste l’homme. Moi, Tora, troisième fils de manicou, j’ai des dons extraordinaires: la lumière ne m’éblouit pas et je décrypte aisément le langage des hommes.
Mélissa et le colibri enchanté / Nadja et Julie Camel

Mélissa découvre une légende à l’école : des amoureux que leur famille empêche de se côtoyer décident de s’enfuir ensemble ; ils sont surpris une nuit au moment de leur évasion ; heureusement un colibri magique auréolé d’une lumière dorée les aide à s’enfuir.
« Les histoires d’amour, c’est nul », se dit Mélissa. Mais elle rencontre Sylvère, un garçon un peu mystérieux, sur la plage, et après être devenus amis, il disparaît après quelque temps. Elle part à sa recherche sur la colline près de la cascade où il est supposé habiter.
Zombis, la mort n’est pas une fin ? / Connaissance des arts

A l’occasion de l’exposition « Zombis, la mort n’est pas une fin ? » au Musée du Quai Branly, la revue Connaissance des arts dédie un numéro spécial au mystérieux rituel vaudou de la zombification, une pratique surnaturelle ancestrale, et retrace les raisons de sa mondialisation, via la littérature et le grand écran.
Adieu Bogota / André et Simone Schwarz-Bart

Deux pensionnaires d’une maison de retraite se lient d’amitié ; Jeanne, une ancienne ouvrière malmenée par la vie et Mariotte, une antillaise qui a beaucoup bourlingué. Après s’être racontée avec confiance et lui avoir exposé « sa philosophie», Jeanne fait promettre à Marie d’entreprendre à son tour le récit de son existence. A la mort de Jeanne, Mariotte se remet donc « à ses écritures » pour dire les hommes qu’elle a côtoyés et décrire les expériences belles ou cruelles qui ont marqué certaines périodes de sa vie. ©CultureTops.
Le jardin créole : Repères culturels, scientifiques et techniques / Lucien Degras

Etude détaillée et approfondie du jardin traditionnel créole, mentionnant ses composantes botaniques, son évolution historique, ainsi que les témoignages et réflexions qui l’entourent. Son auteur, l’ethnobotaniste Lucien Degras, dcd en 2017 met en valeur le jardin créole, en ce qu’il participe pleinement au patrimoine biologique, agricole et culturel de la Caraïbe.
Grand-mère, pourquoi Sundari est venue en Guadeloupe ? / Dany Bébel-Gisler

A travers l’histoire de Sundari, une jeune Indienne, ce livre raconte aux enfants l’histoire des Indiens immigrés en Guadeloupe, les coolies, qui sont venus travailler dans les champs de canne à sucre au XIXe siècle. ©Electre 2025.
Comme un million de papillons noirs sur la tête / Laura Nsafou
Adé, jolie petite fille à la peau noire, aux grands yeux bruns et aux cheveux crépus est l’objet de moqueries à cause de sa chevelure qui donne l’impression d’avoir « comme un million de papillons noirs sur la tête ». En compagnie de sa mère et de ses tantes, elle va découvrir en douceur la beauté de ces papillons endormis sur sa tête, jusqu’à leur envol final.
Un ouvrage qui invite à la tolérance et l’acceptation de soi.
Tigouya / Teddy Iafare-Gangama et Yohann Schepacz

Tigouya est un margouillat très curieux qui a toujours vécu dans les montagnes de Mafate, à la Réunion. Il rêve de voir l’océan. Camouflé dans le sac à dos d’un touriste, le petit animal se retrouve bientôt à bord d’un bus, puis sur une plage de sable blanc.
« Tabouèèèt ! c’est donc cela la mer ? »
Hommage à Maryse Condé (1934 – 2024), Prix de la Nouvelle Académie de littérature 2018

Célanire cou coupé

Il y a cinq ans, en Guadeloupe, un bébé a été trouvé, la gorge tranchée, sur un tas d’ordures. Il a survécu à ses blessures. La lecture de ce fait divers abominable a touché profondément Maryse Condé. Une telle mutilation subie quand on est un bébé marque une vie d’une manière monstrueuse. Comment peut-on survivre en portant à son cou une cicatrice aussi horrible ? Pour répondre à cette question, Maryse Condé a créé l’étonnant personnage de Célanire Pinceau, dite “ Célanire cou-coupé ” et a replacé ce drame dans le contexte du début du siècle et de la colonisation. La blessure abominable devenant le symbole du crime commis contre les populations indigènes et la révolte de son héroïne celle de tous les révoltés.
Désiderada

Marie-Noëlle voit le jour à La Désirade. Abandonnée dès la naissance, elle est recueillie et choyée par une famille d’adoption. Un jour, pourtant, sa mère se manifeste et la fait venir en France. Mère inconnue, terre inconnue. À Savigny-sur-Orge, Marie-Noëlle se morfond dans une cité, sans jamais trouver une place dans cette famille qui est pourtant la sienne. Commence alors pour elle une douloureuse enquête qui l’amènera à découvrir l’inavouable secret de sa naissance.
Trois magnifiques portraits de femmes libres à tout prix, en lutte contre leur destin.
Histoire de la femme cannibale

« – Est-ce que vous n’allez pas retourner chez vous ?
– Chez moi ? Si seulement je savais où c’est.
Oui, le hasard m’a fait naître à la Guadeloupe. Mais, dans ma famille, personne ne veut de moi. À part cela, j’ai vécu en France. Un homme m’a emmenée puis larguée dans un pays d’Afrique. De là, un autre m’a emmenée aux États-Unis, puis ramenée en Afrique pour m’y larguer à présent, lui aussi, au Cap. Ah, j’oubliais, j’ai aussi vécu au Japon. Cela fait une belle charade, pas vrai ? Non, mon seul pays, c’était Stephen. Là où il est, je reste. »
La disparition de Stephen, assassiné dans une rue du Cap, est le dernier coup du sort pour Rosélie Thibaudin…
La planète Orbis

A l’invitation du messager, José, un Guadeloupéen âgé de quinze ans, passionné de reggae et de rap, quitte sa cité et embarque sur un vaisseau spatial en direction de la planète Orbis, située non loin de la Lune, entre la Terre et Mars.
Guidé par son Mentor, il fait partie, en compagnie d’autres jeunes venus du monde entier, des trente Élus du Peuple de la Caraïbe désignés par la Khadri, l’Assemblée des Sages, pour être investis d’une mission. Car « seuls les jeunes sont capables de réinventer la vie et peuvent être tentés d’accomplir un exploit pour le bien de l’univers ».
Le jeune Guadeloupéen sera libre de choisir son engagement « pour que la Terre retrouve meilleur goût ».
La vie scélérate

Dans ce roman, Maryse Condé nous conduit des rives de la Guadeloupe à la boue de Panama, du Chinatown de San Francisco aux maisons hautes et basses de La Pointe, racontant avec tendresse et humour l’ascension sociale de toute une famille. Des destins se succèdent et s’entremêlent : celui de l’aïeul Albert I, qui partit creuser le canal de Panama, et de ses fils: Jacob, boutiquier barricadé dans la geôle de ses caisses de morue salée et de ses fats d’huile, dont il ne s’évada qu’une fois pour s’enivrer des senteurs de New York; Jean, rebelle qui revint vers la terre pour la fertiliser de son sang; de sa petite-fille Thécla qui, lasse d’errer à la poursuite du bonheur collectif, d’Haïti à la Jamaïque, finit par se réfugier égoïstement de l’autre côté du monde, et de son premier-né surtout, Albert II dit Bert, le fils de la négresse anglaise, initiateur d’une lignée maudite en pays d’exil. On retrouve dans ce roman foisonnant, exubérant et poétique, le, talent de conteuse de Maryse Condé, son sens de l’épopée et du mythe, sa fascination pour le surnaturel, sa connaissance lucide et désenchantée d’une certaine histoire, celle des siens.
L’évangile du nouveau monde

Le soir d’un dimanche de Pâques, un nouveau-né est déposé dans le jardin de monsieur et madame Ballandra, horticulteurs passionnés qui créent les plus belles roses du monde. Pascal est très beau, le teint brun, les yeux gris vert pareils à la mer qui entoure le pays. Mais d’où vient-il ? N’est-il pas l’enfant d’un dieu ? La rumeur porte cette nouvelle et de nombreux signes vont l’amplifier tout au long de sa vie. Mais que doit-on faire si l’on est vraiment le fils d’un Dieu ? Peut-on changer le destin des hommes, les prendre par la main pour adoucir les haines et rendre le monde plus juste ? De voyages en voyages, de communautés en communautés, Pascal va partir à la quête de ses origines pour comprendre le sens de sa mission. Que révélera cet Evangile du Nouveau Monde sur la nature des hommes et la place des dieux ?
Ségou : la terre en miettes

1860. L’Afrique n’est déjà plus ce qu’elle était. Les Européens font main basse sur les terres, enrôlent les hommes dans leurs armées ou les contraignent à courber l’échine sur leurs exploitations. À Ségou – perle du royaume bambara – tam-tams et griots se sont tus. Un silence pesant, rompu à heure fixe par le cri des muezzins, s’est abattu sur la ville. L’islam édicte ses lois…
Pris dans la tourmente des événements, écartelés entre plusieurs croyances, les descendants de Dousika Traoré traversent des épreuves effroyables, mais y puisent la force d’accomplir des exploits merveilleux, même si leur sang doit rougir à jamais la terre de leurs ancêtres.
Rêves amers

Rose-Aimée a 13 ans. Elle vit heureuse dans son petit village à Haïti, jusqu’au jour où la misère l’oblige à quitter les siens. Au cours de son périple, elle apprendra que la liberté se paie au prix de l’enfer.
Le coeur à rire et à pleurer

La Guadeloupe des années cinquante. Contre des parents qui semblent surtout soudés par le mensonge, contre une mère aussi dure avec les autres qu’avec elle-même, contre un père timoré, la petite Maryse prend le chemin de la rébellion. La soif de connaissance, les rêves d’autonomie et de liberté la guident vers son destin d’écrivain.
Mais peu à peu les épreuves de la vie appellent l’indulgence, la nostalgie de l’âme caraïbe restitue certains bonheurs de l’enfance.
Et Maryse se souvient alors de cet instant qui lui redonna l’amour des siens, de cette ultime nuit où « roulée en boule contre son flanc, dans son odeur d’âge et d’arnica, dans sa chaleur », elle retrouva sa mère en la perdant.
Vous souhaitez emprunter un de ces livres ? RDV lors de nos activités (Programme 2024-2025) ou contactez-nous ici.
La victoire du nègre / Daniel Picouly

Pour son nouveau roman, Daniel Picouly s’appuye sur un fait historique qui a eu lieu le 4 juillet 1910 dans l’Amérique raciste et ségrégationniste. Un match de boxe qui s’est soldé par une vingtaine de morts et une centaine de blessés oppose pour la première fois un Noir (jack Johnson, boxeur d’exception) et un Blanc (James Jeffries, champion du monde poids lourds).
L’un est soutenu par les médias et les Blancs américains l’autre aspire à accéder à la catégorie des poids lourds, jusque-là interdite aux Noirs.
La confrontation de ces deux hommes prend une dimension politique …
Nouveautés du mois d’octobre.
La reine aux yeux de lune / Wilfried N’Sondé

Ce roman historique retrace la véritable vie de Kimpa Vita, personnage aux multiples facettes (guerrière, prophétesse, résistante et rebelle à la colonisation portugaise, créatrice d’un syncrétisme entre les croyances ancestrales et le catholicisme) très connu et célébré en Afrique centrale. L’histoire se situe au royaume du Kongo, en 1685. Elle incarne l’espoir de la réunification du royaume en prise aux guerres civiles et à la domination portugaise.
Auteur d’une dizaine de romans, Wilfried N’Sondé est lauréat des prestigieux prix Senghor et Ahmadou Kourouma.
Nouveautés du mois d’octobre.
Hommage à Tony Delsham (1946-2024)

Écrivain prolifique martiniquais (auteur de plus de 20 romans) et journaliste (rédacteur en chef du journal « Naïf » puis de l’hebdomadaire « Antilla »), André Pétricien (de son vrai nom) est dcd en juillet dernier.
Sa bibliographie est foisonnante. Nous avons eu un coup de coeur pour ces livres que vous trouverez dans la bibliothèque de CTOM :
- 73-74, psittacisme (ou la fin de la danse du scalp)
- Cénesthésie : et l’urgence d’être …
- Lycée Schoelcher (Le Siècle tome 3)
- Paris, il faut que tu saches …
- Xavier : le drame d’un émigré antillais.

Plus d’infos sur cet auteur sur le blog de Mediapart
Le jour où les Antilles feront peuple / Matthieu Gama

Matthieu est venu présenter son essai engagé dans le cadre de notre atelier de littérature en novembre 2022. Depuis, ce best-seller inspirant (Disponible dans la bibliothèque de CTOM) a fait son chemin car traduit en anglais (« WestIndian people shall Rise« ) et a donné naissance à un 2ème essai : « Se penser peuple des Antilles ».

Noémie au parc des Mamelles / Jade Amory

Noémie est l’héroïne d’une série de BD créée par l’illustratrice et auteure martiniquaise Jade Amory. A travers ses aventures, elle part à la découverte des richesses de la Caraïbe (sites remarquables, fruits, fleurs, etc.) en compagnie de sa famille et ses amis.
Très belle collection à découvrir avec nos enfants en créole et en français disponible à CaraïbEditions.
Vous souhaitez emprunter un de ces livres ? RDV lors de nos activités (Programme 2025-2026) ou contactez-nous ici.






























